L'aide au développement écoute mal. L'IA peut changer ça.
J’ai passé 20 ans dans l’aide au développement. J’ai vu des milliers d’enquêtes, de focus groups, de rapports de terrain. Et un constat revient : on écoute mal.
On écoute à travers des questionnaires conçus à Genève. On écoute en français des gens qui pensent en wolof. On écoute avec des cases à cocher quand il faudrait des histoires ouvertes. On écoute une fois, au début du projet, et on ne revient plus.
L’IA ne va pas résoudre ce problème structurel. Mais elle peut ouvrir des portes.
Imaginez : un agriculteur à Thiafoura parle en wolof de ses pratiques, de ses difficultés, de ce qu’il observe dans son champ. L’IA transcrit, traduit, structure. Sans questionnaire rigide. Sans intermédiaire qui filtre. La parole brute, organisée, analysable.
Ce n’est pas de la science-fiction. Nous le faisons déjà au Sénégal avec le projet Sparks.
Le vrai défi n’est pas technique. C’est politique. Qui contrôle les données ? Qui décide des questions ? Qui bénéficie de l’analyse ?
L’IA amplifie. Elle amplifie le bon comme le mauvais. Si on l’utilise pour mieux extraire, on reproduit les mêmes erreurs, plus vite. Si on l’utilise pour mieux écouter, on peut enfin construire une aide qui part des gens.
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